Les principes de l’homéopathie



 

L’homéopathie repose sur trois principes fondamentaux : la similitude, l’infinitésimalité et la globalité.

 

 

La similitude : on administre à un malade qui présente certains symptômes, une substance (végétale, minérale ou animale) qui provoquerait des symptômes semblables chez un sujet sain.

- Exemples : Apis mellifica, Arsenicum album..
 
L’infinitésimalité : les différents remèdes homéopathiques sont administrés en doses très faibles. Il n'y a donc pas de soin universel d'une maladie, d'un symptôme, on doit adapter le soin en fonction du patient.
Il n’y aura pas d’effets secondaires, pas de contre-indications. L’homéopathie peut être administrée à tout le monde : aux nouveaux nés, aux personnes âgées, aux femmes enceintes, aux animaux…
 
Cependant, comme pour tout médicament, les personnes ayant une intolérance à un excipient à effet notoire tel que : le lactose, le saccharose ou l'alcool, doivent éviter les formes qui le contiennent.
 
La globalité : l’homéopathie s’intéresse au malade dans sa globalité. Elle ne soigne donc pas une maladie mais le malade dans son ensemble.
- Exemples
Douleur due à un état grippal ou à des courbatures chez un sujet qui ne supporte plus son lit qu’il trouve trop dur → Arnica montana
Douleur améliorée par la pression ou le repos → Bryonia
Douleur améliorée par le mouvement et aggravée par l’humidité → Rhus toxicodendron...

 
Selon la physiologie ou la mémoire des cellules du malade, ses antécédents familiaux, génétiques, les effets sont différents sur la prise de produits en Homéopathie.
Le dosage doit être adapté à chacun selon sa typologie, sa morphologie et sa physiologie particulière.

 
 
Le Médecin Homéopathe devra faire une anamnèse et définir le traitement homéopathique selon la typologie du malade.

Les constitutions, ainsi que les diathèses représentent le fondement de la réflexion et de la thérapeutique homéopathique. Elles permettent de déterminer le terrain et de trouver le traitement de fond.

En effet, un médecin homéopathe ne prescrira pas les mêmes médicaments pour une même maladie si les patients sont de morphologie différentes.

 


 
La médecine homéopathique classe un individu en fonction de deux critères : les constitutions et les diathèses.


 


Les Constitutions sont un concept de l’Ecole française d’homéopathie utilisé par le médecin homéopathe Antoine Nebel de Lausanne (1870-1954) et repris en France par le Docteur Léon Vannier (1880-1963) pour aider le médecin homéopathe à mieux définir le terrain du malade.

 

 

Vannier

 

Léon Vannier (1880-1963), fut l'un des promoteurs les plus efficients de l'homéopathie en France et dans le monde entier. En 1927, il devient Président fondateur de la "Société d'Homéothérapie de France”. En 1931, il crée à Paris le Dispensaire Homéopathique, boulevard Auguste Blanqui qui existe toujours aujourd'hui.

 

 

Nebel

 

Antoine Nebel (1870-1954), une des plus fortes personnalités du monde homéopathique. Fervent adepte de l’enseignement d'Hahnemann pendant 4 décennies, il a étudié l'action des tuberculines diluées dont il fit, courageusement, une expérience sur lui-même. Il a montré comment évoluait le parasite auquel il attribue l'origine du cancer.

Il parvint à établir la théorie devenue célèbre du drainage ou de la canalisation en étudiant la régression des tumeurs sous l'influence des remèdes homéopathiques. Il marquera d’autant plus la matière médicale de son “empreinte” car il constatera que le type sensible des médicaments d’origines minérales, correspondent à trois types de morphologies. C’est ainsi qu’il décrira les trois types de constitutions de base : carbonique, phosphorique et fluorique.
 

La constitution : est l’ensemble de caractères morphologiques, physiologiques et psychologiques qui caractérisent un individu , sur lequel va se développer la maladie.
Il existe trois types de sels présents, en proportions variables dans nos tissus ; les carbonates, les phosphates, et les sels fluorés. La dominante de l'un ou de l'autre va déterminer un type de constitution.
 
 Carbonique  : c’est un sujet de type bréviligne, d'allure plutôt rigide, il présente un rapport sensiblement égal des différents segments du corps.
Il est d’une morphologie trapue, à l’ossature solide, épaisse et aux articulations plutôt raides. Sa tête est carrée ou ronde. Ses dents sont blanches régulières et solides. On lui associe souvent la myopie. Sa démarche est lente, lourde, il est plutôt d’une rigidité mentale, mais très consciencieux, respectueux et optimiste. De nature calme, agréable, il se soucie peu de sa santé.  C’est un sujet résistant et stable.
On dit qu’il est un : « Esprit carré dans un corps rond »
Ils ont tendances aux maladies métaboliques et nutritionnelles ; obésité, diabète, Hypercholestérolémie, problèmes cardiovasculaires, goutte, arthrose, rhumatisme..
Les remèdes principaux du sujet carbonique  ; Calcarea carbonica, Sulfur, Sepia officinalis, Lycopodium clavatum, Graphites, Thuya occidentalis.

 



 

Carbonique




 

Phosphorique : c’est un sujet de type longiligne, aux membres longs et minces. Il a une tendance à la maigreur. Ses dents sont plutôt jaunes mais régulières. Il est de nature cyclothymique vite déprimé, mais qui se reprend très vite. Il est nerveux, hypersensible, fatigable, mais c’est un artiste avec un esprit vif.
Ils ont tendances à l’anxiété, la nervosité, l’asthénie. ils épuisent vite leurs défenses et il sont sujets aux problèmes respiratoires (Tuberculose), à la déminéralisation et à l'Hyperthyroïdie.
Les remèdes principaux du sujet phosphorique ; Phosphorus, Calcarea phosphorica, Pulsatilla, Ignatia amara, Sulfur iodatum, Silicea, Natrum muriaticum.

 



 

Phosphorique




 

 Fluorique  : c’est un sujet présentant une asymétrie prononcée du visage et du corps. Son squelette est irrégulier dystrophique et sa colonne vertébrale n’est pas très droite. Ses articulations sont hyperlaxes. Ses dents sont petites, souvent grises et irrégulières. L'astigmatisme le caractérise.
Il est sujet à l’inflammation des ganglions.
Se sont des personnes intuitives, parfois instables (versatilité de l’humeur). Mais dotée d’un caractère original et atypique.
Ils ont tendances à l’anxiété, trouble de l’équilibre, l’arthrose, entorses, aux rhumatismes déformants, aux ulcères variqueux due à une très mauvaise circulation, varices..
Les remèdes principaux du sujet fluorique ; Calcarea fluorica, Fluoricum acidum, Argentum nitricum, Luesinum, Mercurius solubilis, Staphysagria, Hyosciamus, Aurum metallicum, Baryta carbonica…

 




 

Fluorique




 

 Il existe deux autres constitutions beaucoup plus rare : 
 
 Sulfurique  : c’est un sujet de morphologie osseuse parfaite, bien équilibrée. Il apparaît chez ce sujet, des rougeurs de tous les orifices, pommettes roses, oreilles rouges, le nez, le menton.. Ses dents sont solides et bien blanches. Ils sont intolérants aux températures élevées. Un désir accentué de sucre. Le sulfurique est très vif d’esprit, mais avec un sommeil très léger. Il est confiant, dynamique et optimiste.
 
Ils ont tendances aux furoncles ,eczémas, allergies, acné, hémorroïdes..
 
Il existe 3 types de Sulfurique :
  • Le sulfur neutre
  • Le sulfur maigre : présente un déséquilibre endocrinien avec hyperthyroïdie, lié à une atteinte tuberculinique
  • Le sulfur gras : présente un syndrome métabolique, obésité abdominale, congestionné, prurit. Il est tout à fait caractéristique de la Psore.
Les remèdes principaux du sujet sulfurique ; Calcarea sulfurica est le premier stade de décompensation de Sulfur, il va évoluer ensuite en Hepar sulf, Magnesia sulfurica, Kalium sulfuricum, Natrum sulfuricum, Ammonium sulfuricum, Sulfuric acid. 
 
 
Silicique : ce type de constitution découle de plusieurs causes : la famine, les grands prématurés, les patients sous chimiothérapie, …
C’est un sujet au thorax étroit, creux, ses côtes sont saillantes, son ventre est gros et ballonné. Il est d’une extrême maigreur, sa peau est pâle et moite, son visage laisse apparaître l'ossature, la plupart du temps avec un gros crâne. Sa transpiration est malodorante. Il est très frileux. Se sont des personnes intelligentes, capables d’efforts rapides, mais fatigables. Ils ont un vif besoin de savoir.

Ils ont tendances à la fatigue, la déprime, sommeil difficile, la peur de ne pas réussir. Il manque d’élan vital et de résistance.
Les remèdes principaux du sujet silicique ; le remède de la constitution silicique est le Silicea. Il est reconnu comme étant à la charnière de la Psore, la Luèse et la Sycose.
Silicea va évoluer en Calcarea silicica, Magnesia silicica, Kalium silicica, Natrum silicicum pour revenir en Silicea à la fin de sa vie.
 
 
 
 
Chaque individu, selon son hérédité, son bagage morbide, ses habitudes de vie, en un mot selon son “terrain” va se comporter et réagir d’une manière différente dans sa lutte avec la maladie. Il existe des prédispositions individuelles à développer certaines pathologies comme les terrains migraineux, arthritiques,…

Il existe plusieurs terrains en homéopathie, appelés diathèses. Les diathèses ont été historiquement développées par Hahnemann dans les maladies chroniques.

La diathèseconstitue un mode réactionnel. Chaque sujet a un terrain particulier qui détermine sa réaction face à une agression donnée. Elle correspond à la manière avec laquelle le corps va réagir face à une agression.

Elle classe les individus en six ensembles, mais les plus importants sont ; la sycose, la luèse, la psore, le tuberculinisme. Chaque diathèse oriente le médecin homéopathe vers des traitements spécifiques. La diathèse concerne les maladies chroniques, elle n’intervient pas dans la maladie aiguë. Les diathèses se transmettent de génération en génération.
Un individu peut évoluer de diathèse en passant de l’une à l’autre, dans ce cas elle se traitera de la plus récente vers la plus ancienne.
 
 
Psore : (Sulfur) : la plus courante et rattachée, à l’origine, au “sarcopte de la gale”. Affections à prédominance cutanée (eczéma, urticaire, dermatoses diverses, psoriasis, abcès, parasitoses) en alternance avec des problèmes respiratoires et également psychologiques. Les maladies reviennent à intervalles réguliers. Le psorique a toujours faim et une tendance à trop manger. Abus du sucre !

Elle est rattachée à un mode de vie avec la  sédentarité, l’alimentation trop riche, la  pollution,  l’alcoolisme ou encore le tabagisme. Le sujet prédisposé est le carbonique.

Les remèdes principaux : Sulfur, Psorinum, Graphites, Nux vomica, Lycopodium, Arsenicum album, Calcarea carbonica.
 
 
Luèse : (Mercurius) : à l’origine rattachée à la “syphilis”. se caractérise par des inflammations avancées avec écoulements muqueux évoluant vers des ulcérations si non traitées. Ses symptômes sont aggravés la nuit, au bord de la mer, mais on note une amélioration à la montagne. La luèse est marquée par l'instabilité, l'agitation et la tendance à la destruction.

On retrouve chez les luétiques les maladies ; cardiovasculaires, hépatiques, rénales, angines…, neurologiques comme la maladie de Parkinson, des pathologies osseuses et musculaires.

Les infections ont tendance à évoluer en « métastases infectieuses » ou en maladies auto-immunes.

Les remèdes principaux : Luesinum, tous les Mercurius, tous les Kalium, les métaux lourds et les venins comme Argentum nitricum, Aurum metallicum, Baryta carbonica, Platina, Calcarea fluorica, Fluoricum acidum, Iodum, Lachesis, Plumbum, Borax…
 
 
Tuberculinisme : (Phosphorus) : la diathèse tuberculinique et la constitution phosphorique ou phosphofluorique, sont étroitement liées.
Elle est caractérisée par une faiblesse générale de l’appareil respiratoire, de la sphère ORL, du foie, avec des difficultés de développement, des douleurs de croissances.
Le sujet tuberculinique présente une déminéralisation, une décalcification, une perte de poids malgré un appétit normal, de l'asthénie et une émotivité exacerbée, il craint le froid humide.
 
Les infections et les facteurs psychologiques comme le surmenage sont des facteurs déclenchants du tuberculinisme car c’est un hypernerveux.
Il est fortement conseillé chez le tuberculinique de faire régulièrement un drainage hépatique.
Les remèdes principaux : Tuberculinum, Phosphorus, Pulsatilla, Natrum muriaticum, Silicea, Tuberculinum residuum, Sulfur iodatum, Pollen, Poumon histamine…
 
 
Sycose : (Thuya) : elle est caractérisée par la rétention d’eau, de lipides et par l'engorgement. Le sujet sycotique présente des néoformations bénignes au niveau de la peau et des muqueuses (verrues, condylomes). On peut également observer une tendance aux néoformations malignes notamment :  fibromes, cancer du sein, cancer du côlon, cancer de la prostate.
Au niveau ORL (sinusites..), génital et urogénital, les infections deviennent chroniques et coulent (pus…). Il y a une souffrance articulaire qui est aggravée par le temps humide.

Les pathologies font très souvent suite à des vaccinations, des toxiques (antibiotiques, corticoïdes...), des infections chroniques ou à un stress profond car le sujet sycotique est un dépressif.

La sycose atteint préférentiellement les sujets de constitution carbonique.
Il est fortement conseillé de faire régulièrement un drainage rénal.
Les remèdes principaux : Thuya le chef de file, mais aussi Medorrhinum, Natrum sulfuricum, Nitricum acidum, Causticum, Cortisone, Selenium, Silicea, Calcarea carbonica, Staphysagria, Dulcamara, Sabina, Sarsaparilla…
 
 
Cancérinisme : fut décrite par les homéopathes Nebel et Vannier. Le cancérinisme et la sycose sont étroitement liés. Le cancérinisme est une évolution de la sycose. C’est une diathèse qui prédispose à toutes les pathologies cancéreuses.

Les principaux facteurs déclenchants sont, l’hérédité, les toxiques, les infections virales (papillomavirus…), la pollution atmosphérique, environnementale ou alimentaire, certains médicaments, le stress, une dépression. On retrouvera chez le cancérinisme une grande fatigue, déprime, amaigrissement non désiré, fixation sur le cancer…

Certains états précancéreux peuvent faire penser au cancérinisme comme les tumeurs bénignes inflammatoires, fibrome hémorragique, nodules mammaires, adénome, une inflammation de la prostate, ganglions indurés..

Les remèdes principaux : Conium maculatum, Radium bromatum, Sulfuricum acidum, Kreosotum, Silicea, ADN-ARN, Thuya occidentalis,...
Il sera conseillé comme draineurs, Scrofularia nodosa ou Viscum album.
 
 
Dysimmunitaire :  est décrite au 21è siècle par le Dr Max Tétau. Cette diathèse vient s’ajouter à une autre diathèse. Il y une forte diminution du système immunitaire avec notion d’infection virale (SIDA, EBV, CMV, ...) ou de vaccinations avec des vaccins d’origine virale.

On constate une grande fatigue générale, frilosité excessive,  des infections opportunistes, des inflammations chroniques, maladies auto-immunes, bronchites récidivantes, développement de certains cancers, aggravation par le froid…

Les remèdes principaux : Silicea, Alumina (si exposition à l’aluminium par les vaccins, les déodorants), mais aussi Phosphorus, Arsenicum album, Vaccinotoxinum et Influenzinum…

 
Dans le cas de cancer, l'homéopathie est un protocole complémentaire aux traitements lourds, comme les chimiothérapies qui abîment le foie, la radiothérapie…
 

La force de l’homéopathie est son assimilation sublinguale (sous la langue) qui métabolise à 100% les actifs directement dans le système sanguin sans aucunes pertes et évite le foie. Il n’y a donc aucune dégradation du “principe actif”.